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Le plateau du Causse

Le complexe souterrain Jean Antoine CLOS situé près de la ville de Sorèze développe plus de 7000 m de galeries souterraines. Cet ensemble de galeries labyrinthiques, situé sous le massif du Causse de Sorèze, plonge au sein de la montagne à une profondeur de 130 à 150 m.

Plusieurs grandes cavités (grotte du Calel, résurgence de la Fendeille, gouffre de Polyphème) sont drainées par une rivière souterraine entrecoupée de plusieurs siphons.

En surface, tout un modelé caractéristique des plateaux calcaires est présent : gouffres, grottes, perte de ruisseau, sources, dépressions, reliefs calcaires déchiquetés (lapiazs). Les spéléologues locaux ont découvert des vestiges archéologiques dans la grotte du Calel et sur le plateau, et ainsi apporté les preuves matérielles que le site présente également un grand intérêt archéologique.

Il s’agit d’un ensemble minier et métallurgique homogène datant du Moyen-Age (exploitation de fer au Xè et XIè siècles), mis en valeur par les fouilles et prospections récentes (1989 – 1995) des zones regroupant le versant de la Fendeille, le plateau du Causse, le complexe souterrain Jean Antoine Clos et la vallée de l’Orival (fours de réduction de minerai, charbonnières, chemins).

Ce site archéologique est unique en France de par son importance, sa rareté et de par le nombre de vestiges découverts et relevés. Les observations effectuées sur plusieurs années nous laissent à penser que les mineurs médiévaux ont d’abord prospecté et exploité le ravin de la Fendeille à partir de la rive droite de l’Orival.

La surface du plateau du Causse a ensuite été parcourue jusqu’au niveau du thalweg d’Aigo Pesado ; les dépressions naturelles ont été vidées de leurs sédiments, laissant des traces visibles de nos jours. Les photos aériennes montrent l’énorme travail des mineurs : des dizaines d’excavations souvent groupées en chapelets selon deux à trois lignes directrices. A proximité des « trous » se trouvent les témoignages de l’évacuation des déblais : des monticules en relief parfois imposants. Des centaines de m3 de sédiments ont été exploitées.

En creusant ces « dolines », les médiévaux ont souvent rencontré des cavités , et c’est tout naturellement qu’elles ont été pénétrées, prospectées et exploitées.

Dans les cavités, les mineurs ont laissé des témoignages de leur exploitation : escaliers, traces de ponts en bois, nombreux coups de pics sur les parois, drainages de galeries, traces de foyer et d’espaces de repos.

Les témoignages les plus émouvants sont certainement les dessins et graffitis dessinés par des enfants de 6 à 8 ans.

L’intérêt est aussi géologique. Les roches qui composent le relief montagneux sont parmi les plus anciennes de notre globe terrestre (plus de 540 millions d’années). Le relief, par contre, s’est mis en place beaucoup plus tard, lors du soulèvement pyrénéen, il n’y a que … 30 à 50 millions d’années.

Les grottes recèlent d’autres témoignages : la présence de l’homme préhistorique et des ossements d’animaux datant de la dernière glaciation (ours, rennes, chamois, lion des cavernes, élan, aurochs, chevaux, etc.), pris dans ce piège naturel.

Des panneaux didactiques ainsi qu’une table d’orientation avec table de pique-nique sont présents sur le plateau… Le point de vue du roc de la Fendeille qui domine la plaine de plus de 300 mètres mérite le détour.